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Souper Spaghetti (suite)

Lettre de Monsieur André Salesse suite au discours du président du Mouvement-Chicoutimi, prononcé lors du Souper Spaghetti du 15 novembre dernier:

Bonjour Madame, (Pauline Brassard)
J’ai pris connaissance du message de M Pelletier  et nonobstant ce que lui-même considère un contenu plusieurs fois soulevé, il demeure d’une clarté qui mérite de s’en souvenir. Aussi, pour renverser cette décision qui n’en était pas une, il y a encore beaucoup a faire. M Pelletier est dans la bonne direction en voulant faire parler, par sondage, plus que le simple résident, mais aussi les intervenants naturels sur lesquels se fondent les lois de la toponymie en occident.

Merci de votre ténacité !

André Salesse

Souper-spaghetti bénéfice
15 novembre 2017
Discours du président, Jacques Pelletier
Pour ceux qui ont écouté mes précédents discours, vous aller dire que je me répète. Et c’est vrai! Mais l’information que je vous transmets a tellement été balayée sous le tapis qu’il est nécessaire de la répéter pour qu’elle remonte à la surface de notre mémoire collective.
Nous vivons dans une ville sans nom, du moins sans un nom qui lui est propre. Je vous rappelle que c’est la seule ville issue des fusions de 1975 et 2002, au Québec, qui ne porte pas le nom d’une des villes fusionnées. Nous vivons dans une ville dont le nom a été usurpé, sans que plusieurs de ceux qui en ont été les victimes ne soient concernés. Nous vivons dans une ville où on a demandé à la population, dans une consultation bidon, de choisir entre Saguenay et Chicoutimi. Une consultation bidon, parce qu’entre autres, on a laissé les partisans du nom Chicoutimi et du nom Saguenay débattre leur position respective sans que la population n’ait pu obtenir, préalablement, une information correcte et non partisane sur la valeur toponymique de chacun de ces deux noms qui font partie de notre quotidien mais pour des raisons très différentes.
J’ai pris connaissance dernièrement d’un document que m’a transmis une de nos membres. Ce document est écrit par Monsieur Henri Dorion, qui fut le premier président de la commission de toponymie du Québec et qui, incidemment, m’a confirmé récemment au téléphone, que sa préférence, à titre personnel, est évidemment Chicoutimi. Ce document de 10 pages, titré «À qui appartient le nom de lieu?» est plein d’enseignement. Ce qui m’a particulièrement interpellé dans cet article et qui s’applique à notre situation est ce passage que je cite:
«On peut distinguer quatre agents toponymiques qui, à un ou des titres différents, peuvent revendiquer une relation privilégiée avec le nom de lieu: le créateur, l’habitant, l’utilisateur, le gérant.»
1. Parlons d’abord du créateur
Dans le cas des noms Saguenay et Chicoutimi, les créateurs sont naturellement les peuples amérindiens qui vivaient au Québec des milliers d’années avant son occupation par les Européens. Tout le monde est d’accord sur ce point. Mais, ces créateurs ont-ils été vraiment concernés en 2002?
2. Maintenant au tour des habitants
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 Avant 2002, quel était le territoire désigné du nom de «Saguenay» ?
– En 1535, pour l’interprète de Jacques Cartier, un dénommé Tagnoagny,
Amérindien kidnappé lors du premier voyage, c’était tout l’intérieur des terres
depuis l’île d’Anticosti jusqu’à des zones lointaines à l’ouest,
– La même année, pour Donnacona, chef des Iroquoiens de Stadaconé et chef de
Tagnoagny, c’était un royaume quelque part au nord du lac Supérieur ou en
Abitibi où il y avait beaucoup de richesse, et on s’y rendait plus facilement et
plus rapidement par la rivière des Outaouais, en somme un Eldorado du Nord.
Victor Tremblay a, dès 1938, confirmé que ce pays était imaginaire.
– Certains Amérindiens désignaient la rivière du nom de Saguenay, parce que cette
rivière se rendait au fameux Royaume du Saguenay,
– Il y a moins de 150 ans, c’était le nom désignant officieusement la région du
Saguenay et il faut attendre 1966 lors de la création des régions administratives
pour que ce nom soit officialisé et qu’il englobe tout le bassin hydrographique du
Saguenay. D’ailleurs, en 1896, Arthur Buies, dans son ouvrage historique et
descriptif «de l’histoire du Saguenay et du bassin du lac Saint-Jean» nous
confirme que, et je cite:
«Ce qu’on appelle la région du Saguenay et du Lac Saint-Jean n’avait pas autrefois
le même nom ni les mêmes limites qu’aujourd’hui. On la désignait sous le nom
général de « Domaine du Roi, » faisant partie des « Fermes Réunies de France, » et
elle était concédée à une compagnie appelée la « Compagnie des Postes du Roi».
On constate donc que le nom Saguenay peut tout aussi bien s’appliquer à la
Côte-Nord qu’à l’Abitibi. Ce n’est pas pour rien qu’il y a eu un certain temps un
comté Saguenay sur la Côte-Nord.
Alors, ce nom, «Saguenay», est-il vraiment le nom représentatif pour les
habitants du territoire couvert actuellement par la ville issue des fusions de
2002? On serait tenté de dire que de poser la question c’est y répondre.
 Jetons un coup d’oeil maintenant aux habitants d’un territoire dénommé Chicoutimi
En cette même année 1535, il désignait, pour les Amérindiens, cette zone tampon,
entre la mer et l’intérieur des terres, au bout du Fjord du Saguenay, à 100 km à
l’ouest du fleuve Saint-Laurent.
– À partir de 1671, il désignait, pour les trappeurs et les missionnaires, le poste de
traite et la mission catholique à la confluence des rivières Saguenay et Chicoutimi
(désignée en 1671 rivière Kénogami), ainsi que l’île sur laquelle ces édifices
étaient bâtis, soit l’île entourée par les rivières Saguenay, Chicoutimi, aux Sables
et le lac Kénogami.
– Il désignait, en 1896, une presqu’île décrite par Arthur Buies, dans son ouvrage
historique et je cite:
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– «Sur la rive sud du Saguenay, à partir du canton Otis et en allant vers l’ouest, setrouvent les cantons Bagot et Chicoutimi, qui sont entièrement colonisés,
populeux même, surtout le dernier qui contient le chef-lieu, en même temps le centre d’affaires de toute la région du Saguenay et la tête de navigation de la rivière. Puis, nous nous trouvons en présence de la presqu’île de Chicoutimi, formée au nord par la rivière Saguenay, à l’ouest par le lac Saint-Jean, … au sud par la Belle-Rivière, la rivière des Aulnaies, le lac Kénogamichiche et le lac Kénogami, enfin, à l’est, par la rivière Chicoutimi».
– Depuis au moins 1731, il désignait tout le haut-Saguenay, si on se fie aux cartes géographiques dessinées par le père Laure, pour devenir par la suite le comté Chicoutimi qui englobait tout le bas et le haut Saguenay en 1935. Le comté actuel
de Chicoutimi est ce qui reste aujourd’hui de ce passé glorieux.
– Incidemment, en 1828, 10 ans avant que les premiers colons ne s’installent à La Baie, un représentant de la marine anglaise a déclaré en arrivant avec deux navires à Chicoutimi que, et je cite «Chicoutimi étant situé à la tête de la
navigation du Saguenay, cet endroit est destiné à devenir une ville d’un commerce
considérable si l’intérieur du pays s’établit», fin de la citation. On ne peut pas être
plus clair.
– Qui a pu, peut et pourra prétendre que le nom Chicoutimi n’est pas celui qui est le plus intiment lié de façon notoire, et en permanence, au territoire et à
l’histoire de l’ensemble des habitants de cette nouvelle ville du Haut-Saguenay?
Pensez-vous que la population a été bien informée à cet égard?
3. Parlons maintenant des utilisateurs.
Ce n’est pas compliqué, c’est la planète entière. Les cartes géographiques qui apparaissent dans le diaporama en témoignent. Mais soyons plus modestes, ne parlons que de la population, des institutions et des entreprises de l’ensemble du Québec qui utilisent ces toponymes, Saguenay et Chicoutimi. Un toponyme a deux objectifs : celui
d’être notre mémoire collective, ce qui touche plus particulièrement les habitants du territoire et le deuxième, celui de nous situer géographiquement et qui s’adresse aux utilisateurs de l’extérieur de la région du Saguenay Lac Saint-Jean. Avons-nous tenu compte de cette dimension lors de la décision du conseil de ville de 2002? Aucunement!
Eh bien! C’est ce que se propose de faire, entre autres, en 2018, le Mouvement Chicoutimi : une consultation de la population du Québec au moyen d’un sondage sous la surveillance d’une maison de sondage professionnelle et un autre par l’entremise de notre site Web. Nous en aurons le coeur net : quel est le nom qui est le meilleur indicatif géographique pour orienter le touriste, le fonctionnaire, le commerçant ou l’industriel pour se diriger vers le Haut-Saguenay? Le libellé des questions sera celui retenu par la firme de sondage.
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Suite à ce souper-spaghetti, le Mouvement aura suffisamment de fonds pour planifier ce sondage. Mais il ne doit pas s’en tenir à cette seule action et nous aurons besoin du réseau d’influence de chacun d’entre vous (anecdote étudiant) pour convaincre les
nouveaux élus du conseil de ville de prendre, après plus de 15 ans, un moment de réflexion et de questionnement à propos du nom de la ville et de son impact sur son développement économique. Le Mouvement Chicoutimi ne pourra, à lui seul, y  parvenir et c’est la raison pour laquelle le Mouvement favorise une approche collective pour
convaincre le conseil de ville de créer une commission de toponymie ou toute autre organisme équivalent qui fera la lumière sur la valeur toponymique des noms de chacune des anciennes municipalités fusionnées en 1976 et en 2002. Chacun de ces noms a son histoire, mérite de faire partie de notre mémoire collective et se doit d’être mis en évidence sur le territoire qu’il identifie. De plus, la commission aura à déterminer à quel
nom il revient de plein droit d’être le nom de cette grande ville. Les travaux et tous les mémoires déposés à cette commission devront être publics.
Cette commission devrait être présidée par une personne autre qu’un élu municipal. Nous voulons prendre le temps nécessaire pour rallier le plus de signataires possibles avant de présenter notre demande au conseil de ville.
4. Le 4e agent toponymique : le gérant
Le quatrième agent toponymique, celui qui s’impose de plus en plus dans notre monde organisé, régulateur et normatif, c’est le gérant, l’autorité toponymique. Dans le cadre de sa mission et de son activité, le gérant agit tel un juge qui doit faire le départage des poids relatifs qu’ont ou ont eus les intervenants, soit le créateur, l’habitant et l’utilisateur, dans la consolidation d’un toponyme par rapport à d’autres. Malheureusement, la
commission de toponymie du Québec n’a aucun pouvoir décisionnel et ne peut donner que son avis. C’est la raison pour laquelle tous les citoyens de Saguenay et du reste du Québec, qui considèrent que le nom de Saguenay est aberrant pour désigner cette ville, doivent eux-mêmes se prendre en main.
Enfin, je me propose de donner, en 2018, le plus de conférences possibles sur le toponyme Chicoutimi. Il y en a déjà une de confirmer pour janvier, à l’UQAC. Le GRIR, le Groupe de recherche et d’interventions régionales, m’a invité pour une conférence en
janvier. La date est à préciser. Leurs conférences sont diffusées plusieurs fois, par la suite
à Ma tv Saguenay-Lac-St-Jean.
Je vous remercie de votre attention et bonne soirée.Liens vers les réactions suite au discours du président

http://mouvement-chicoutimi.com/

https://www.facebook.com/search/top/?q=mouvement%20chicoutimi

https://www.facebook.com/EditionsIchkotimi/

 


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Au Royaume du Saguenay
Un film de Maurice Proulx, 1957.
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Éphémérides

8 novembre 1679 –
Louis Jolliet produit une carte du Québec où apparaît pour la première fois le nom de Chicoutimi.