Chicoutimi, une jouissance

Chicoutimi, une jouissance

Le Quotidien, 8 février 2018
Dernièrement nous avons vécu un événement important à Chicoutimi. Pour la première fois depuis 140 ans, un prêtre de notre région est ordonné évêque du diocèse de Chicoutimi, à la Cathédrale de Chicoutimi. Depuis 15 ans, on n’a jamais entendu le nom Chicoutimi avec autant de répétitions, prononcé avec pleine liberté. Une jouissance auditive parce que c’était l’identification officielle, la position exacte des lieux, la libération du nom Chicoutimi, pour situer avec précision les intéressés par l’événement sans que « Saguenay » vienne ridiculiser la nouvelle.
J’ai écrit déjà plusieurs articles sur le nom de la ville. Je constate que depuis le changement du conseil municipal, les journalistes, particulièrement ceux de Radio-Canada, utilisent de plus en plus souvent le nom Chicoutimi lorsque le contexte s’y prête. Quand j’entendais un journaliste dire : « les cyclistes sont partis de La Baie pour se rendre à Saguenay », « les cyclistes qui font le tour du Lac-Saint-Jean sont à Jonquière et demain seront à Saguenay, un événement important à l’Université du Québec à Chicoutimi, à Saguenay. » L’interdiction de prononcer « Chicoutimi » était évidente. C’est comme s’il disait « ils sont partis de Saguenay pour se rendre à Saguenay ». Vraiment bizarre comme information.
Ce n’est pas par esprit fanatique que je m’intéresse au nom de la ville, c’est simplement pour la valeur historique et patrimoniale, pour se sortir du ridicule, pour retrouver une vraie identité. On se bat pour conserver les églises, les chapelles, les maisons ancestrales, de vieux meubles, alors qu’on a supprimé sans respect le nom Chicoutimi. C’est à Chicoutimi que sont arrivés les premiers colons pour installer le premier poste de traite, donc les premiers commerces, la première chapelle, les premières communautés religieuses, etc. C’est ainsi que s’est développé Chicoutimi. Pourquoi a-t-on tout fait pour écraser le nom Chicoutimi ? Saguenay n’a aucune valeur identitaire, un royaume qui n’a jamais existé. Les principaux acteurs d’alors n’ont pas écouté la Commission de toponymie, ni les historiens, ni la Société historique qui prônaient Chicoutimi.
Je sais que le Mouvement Chicoutimi travaille pour redonner à la ville fusionnée le nom qui lui revient pour sa valeur historique et patrimoniale. La grande ville se nommerait Chicoutimi, mais chaque arrondissement garderait son nom d’origine, Jonquière, Kénogami, Arvida, Laterrière, Chicoutimi, Port-Alfred, Bagotville, Grande-Baie. Tout comme à Montréal, on se situe correctement avec St-Léonard, Anjou, Côte-desNeiges, La Chine, Ahuntsic, etc.
Je sais aussi, de sources officielles, que : oui c’est possible « le gouvernement peut en tout temps changer le nom de la ville si celle-ci le demande » art. 1 du décret. Donc, pas besoin de refaire une consultation ni un référendum. Le Conseil de ville n’a qu’a faire la demande au ministre des Affaires municipales.
On s’est moqué de l’histoire, mais cette dernière n’oublie jamais.
J’aimerais bien que les gens expriment leur opinion sur ce sujet.

Pauline Brassard, Chicoutimi

2018/02/07 Mot du président/Assemblée générale

Chicoutimi, le 7 février 2018

Mot du président, assemblée générale annuelle

Mesdames et messieurs bonsoir,

Je suis très honoré de pouvoir agir, pour une deuxième année, à titre de président du Mouvement Chicoutimi. Je remercie les membres du conseil de leur confiance à mon égard et je vous remercie également, vous toutes et tous ici présents de vous être déplacés pour ce genre d’activité, l’assemblée générale annuelle, qui n’est généralement pas très populaire auprès des membres de n’’importe laquelle organisation.

Une lueur d’espoir pointe à l’horizon. D’autres groupes commencent à prêter attention à notre discours. Dans quelques semaines, nous serons en mesure de mieux évaluer si ce support se généralise. Parmi la dizaine d’actions à prendre en 2018, il y a celle qui en est le cœur et c’est la requête qui sera transmise avant l’automne, du moins nous l’espérons, au conseil de ville, pour rouvrir, dans les meilleurs délais, le dossier relatif au nom de la ville. Cette requête ne sera pas seulement celle du Mouvement Chicoutimi; nous voulons qu’elle soit celle de tout individu, organisme ou entreprise et même ceux et celles qui ont opté pour le nom de Saguenay en 2002 et qui considèrent que le choix du nom de la ville n’a pas été effectué selon un processus de consultation appropriée pour traiter d’un sujet aussi important pour l’avenir socioéconomique de notre ville et de notre région et aussi lourd de conséquences que la disparition d’un toponyme patrimonial qui fut et est encore le meilleur identifiant géographique et le meilleur porteur de notre mémoire collective autant pour les premiers occupants de ce territoire que pour les autres peuples qui ont migré en cette terre.

Nous sommes en mode action. Nous sommes persuadés qu’une population mieux informée ne pourra faire autrement que de choisir, cette fois-ci, le bon nom. Nous ne demandons aucun traitement de faveur. Nous proposons que tous les noms des villes qui ont été fusionnées soient analysés et traités équitablement. Nous sommes la seule ville au Québec, issue des fusions de 1975 et de 2002 qui ne porte pas le nom d’une des villes fusionnées. Ce n’est pas normal. C’est même une aberration historique. Nous sommes prêts à prendre le risque, qui est toutefois un beau risque, de mettre en ballotage le nom de Chicoutimi et tous les autres noms possibles incluant celui de Saguenay. L’exercice devra cependant se faire par l’entremise d’un organisme indépendant qui saura réaliser son mandat dans le respect des règles et prérogatives habituelles et reconnues par les instances gouvernementales dans une telle démarche.

Mes chers amis, lisez attentivement les documents que nous vous transmettrons sous peu. Soyez les propagateurs de cette requête, soyez convaincants, même auprès des tenants du nom Saguenay, que tant et aussi longtemps que le conseil de ville n’aura pas vidé la question, une épée de Damoclès pend sur notre ville. Agissons avant que l’histoire ne nous fasse sentir l’aberration historique que nous avons créée. Vidons la question une fois pour toute. Nous avions deux sujets extrêmement sensibles à digérer ou à faire digérer en 2002 :

  • la fusion que les villes de Jonquière et La Baie ne désiraient pas, particulièrement parce qu’ils ont crû que Chicoutimi voulaient les fusionner;

  • le nom autre que celui d’une des villes fusionnées pour réussir à faire passer la fusion.

La fusion est consommée. Prenons maintenant le temps de parler du nom, dans un contexte non partisan et pour la meilleure notoriété de notre ville.

Merci de votre attention.

Jacques Pelletier

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