A propos

Le CA
Le nouveau conseil d’administration élu le 1er février 2017 est constitué des membres suivants:

Jacques Pelletier, président
Pauline Brassard, trésorière
Hélène Savard, secrétaire
Pierre-Marc Tousignant, vice-président, édition et web
Lucien Frenette, administrateur
Guy Laberge, administrateur
André. R. Gauthier, administrateur

 


Pourquoi le Mouvement Chicoutimi milite-t-il pour réhabiliter le nom Chicoutimi?

En 2002, le conseil municipal de la nouvelle ville issue des fusions de sept municipalités (1) du Haut-Saguenay décide de la désigner du nom de Saguenay. Une consultation populaire non exécutoire avait précédé ce choix. Saguenay, ce nom déjà associé à la rivière et à la région vient supplanter le nom de chacune des anciennes municipalités nouvellement fusionnées. Et pourtant, parmi ceux-ci, il en existait un qui faisait, à toutes fins pratiques, l’unanimité auprès des historiens. Ce nom c’est CHICOUTIMI. Ce n’est pas sans raisons que ce nom, Chicoutimi, aurait dû être privilégié. La préhistoire et l’histoire de Chicoutimi sont remplies d’événements pour en souligner son importance(2).

Mais, pourquoi la population et le conseil de ville ont-ils opté pour Saguenay? Pour des raisons uniquement politiques. Depuis les tous débuts de la colonisation, il s’est développé un esprit de compétition très fort, presque malsain. entre les principales villes du Haut-Saguenay. Chicoutimi, ce lieu géologiquement stratégique, a vu son territoire se développer beaucoup plus rapidement que les autres. En moins de 50 ans, on est alors au tout début du 20e siècle, «là où l’eau cesse d’être profonde» a déjà accueilli la majorité des institutions publiques et privées en matière de finances, de justice, de santé, d’éducation et de commerce. Qui plus est, ce site venait tout juste de voir l’implantation d’une première véritable industrie basée sur la technologie, soit la pulpe à papier. Par la suite, la périphérie s’est développées, mais sur des territoires que le gouvernement avait morcelés en cantons, comme c’était la pratique partout au Québec. Les «moulins à papier» se sont multipliés autour de Chicoutimi : Jonquière, Port-Alfred et Kénogami. Peu de temps après, ce fut la création spontanée d’une nouvelle ville de compagnie, Arvida, sise entre Chicoutimi et Kénogami. Ces nouvelles industries ont créé une expansion démographique fulgurante de ces municipalités avoisinantes. Naturellement, Chicoutimi en a profité, toutes les infrastructures commerciales et institutionnelles étant déjà en place. Le constat, en ce début du 21e siècle, auprès de la population des municipalités environnantes : Chicoutimi a tout eu! Naturellement, on oublie qu’elle n’a pas eu, sur son territoire, les industries dont on vient de faire mention.

Donc, en 2002, lorsqu’est venu le moment de choisir le nom de cette nouvelle ville, toute la campagne pour ceux qui favorisaient le nom Saguenay s’est focalisée sur le thème suivant : prenons un nom rassembleur et non diviseur, Chicoutimi étant naturellement celui le plus diviseur de tous. Exit les faits historiques, exit la notoriété mondiale du nom Chicoutimi sur les mappemondes depuis 1679, exit la présence amérindienne continue à Chicoutimi depuis au moins mille ans sinon quatre mille ans.

Des dizaines de milliers de personnes avaient tout de même opté pour le nom Chicoutimi malgré cette désinformation. C’est ainsi qu’en décembre de la même année, un groupe de personnes, considérant que cette décision fut une grave erreur historique, forme un mouvement désigné « Regroupement pour la sauvegarde du nom Chicoutimi» remplacé par la suite par le nom «Mouvement Chicoutimi/Saguenay», (Chicoutimi comme nom de la ville et Saguenay comme nom de la région) et communément désigné Mouvement Chicoutimi.

Après 15 ans, le Mouvement Chicoutimi estime qu’il est temps de passer à l’action et de se prévaloir des dispositions contenues à l’article 1 de la charte de la ville de Saguenay, à savoir que :

«Le ministre des Affaires municipales et de la Métropole (actuel MAMOT) peut, à la demande du conseil de la ville, changer le nom de celle-ci.»

En conséquence, le Mouvement Chicoutimi amorce un programme d’information et d’éducation auprès de la population dans le but de lui faire connaître davantage l’histoire régionale et l’importance du site stratégique et historique qu’est Chicoutimi pour ce coin de pays, en espérant que ceux qui avaient opté pour le nom Saguenay modifient leur perception à l’égard du nom Chicoutimi. Le Mouvement Chicoutimi mettra en relief la valeur toponymique de chacun de ces deux noms, Chicoutimi et Saguenay, et démontrera l’à-propos de leur utilisation pour désigner le nom de cette nouvelle ville.

Nous sommes persuadés que le nom Chicoutimi reprendra ses lettres de noblesse d’ici quelques années, en autant que le Mouvement reçoive l’appui de la population pour convaincre les conseillers municipaux de présenter un projet de loi pour changer le nom de la ville. N’hésitez donc pas à communiquer avec nous. Tout appui, financier ou à titre de bénévole, tout témoignage ou toute déclaration publique qui viendront renforcer la légitimité de notre objectif, seront les bienvenus.

  • Les sept municipalités sont les suivantes : Chicoutimi, Jonquière, La Baie, Laterrière, Shipshaw, une partie de Canton Tremblay et Lac Kénogami.

 

La bibliographie est imposante pour qui veut en savoir davantage sur l’histoire de Chicoutimi et des origines de ce nom. La plupart des historiens du Saguenay ont publié à ce sujet. Un essai est paru en juin dernier «Le toponyme Chicoutimi, une histoire inachevée, de ses origines géologiques à 2002». L’auteur en est notre président actuel, Jacques Pelletier. Ce livre est uniquement dédié à démontrer l’importance de ce toponyme patrimonial.


 

 

Souper-spaghetti bénéfice
15 novembre 2017
Discours du président, Jacques Pelletier

Pour ceux qui ont écouté mes précédents discours, vous aller dire que je me répète. Et c’est vrai! Mais l’information que je vous transmets a tellement été balayée sous le tapis qu’il est nécessaire de la répéter pour qu’elle remonte à la surface de notre mémoire collective.
Nous vivons dans une ville sans nom, du moins sans un nom qui lui est propre. Je vous rappelle que c’est la seule ville issue des fusions de 1975 et 2002, au Québec, qui ne porte pas le nom d’une des villes fusionnées. Nous vivons dans une ville dont le nom a été usurpé, sans que plusieurs de ceux qui en ont été les victimes ne soient concernés. Nous vivons dans une ville où on a demandé à la population, dans une consultation bidon, de choisir entre Saguenay et Chicoutimi. Une consultation bidon, parce qu’entre autres, on a laissé les partisans du nom Chicoutimi et du nom Saguenay débattre leur position respective sans que la population n’ait pu obtenir, préalablement, une information correcte et non partisane sur la valeur toponymique de chacun de ces deux noms qui font partie de notre quotidien mais pour des raisons très différentes.
J’ai pris connaissance dernièrement d’un document que m’a transmis une de nos membres. Ce document est écrit par Monsieur Henri Dorion, qui fut le premier président de la commission de toponymie du Québec et qui, incidemment, m’a confirmé récemment au téléphone, que sa préférence, à titre personnel, est évidemment Chicoutimi. Ce document de 10 pages, titré «À qui appartient le nom de lieu?» est plein d’enseignement. Ce qui m’a particulièrement interpellé dans cet article et qui s’applique à notre situation est ce passage que je cite:
«On peut distinguer quatre agents toponymiques qui, à un ou des titres différents, peuvent revendiquer une relation privilégiée avec le nom de lieu: le créateur, l’habitant, l’utilisateur, le gérant.»
1. Parlons d’abord du créateur
Dans le cas des noms Saguenay et Chicoutimi, les créateurs sont naturellement les peuples amérindiens qui vivaient au Québec des milliers d’années avant son occupation par les Européens. Tout le monde est d’accord sur ce point. Mais, ces créateurs ont-ils été vraiment concernés en 2002?
2. Maintenant au tour des habitants
Avant 2002, quel était le territoire désigné du nom de «Saguenay» ?
– En 1535, pour l’interprète de Jacques Cartier, un dénommé Tagnoagny, Amérindien kidnappé lors du premier voyage, c’était tout l’intérieur des terres
depuis l’île d’Anticosti jusqu’à des zones lointaines à l’ouest,
– La même année, pour Donnacona, chef des Iroquoiens de Stadaconé et chef de Tagnoagny, c’était un royaume quelque part au nord du lac Supérieur ou en
Abitibi où il y avait beaucoup de richesse, et on s’y rendait plus facilement et
plus rapidement par la rivière des Outaouais, en somme un Eldorado du Nord.
Victor Tremblay a, dès 1938, confirmé que ce pays était imaginaire.
– Certains Amérindiens désignaient la rivière du nom de Saguenay, parce que cette rivière se rendait au fameux Royaume du Saguenay,
– Il y a moins de 150 ans, c’était le nom désignant officieusement la région du
Saguenay et il faut attendre 1966 lors de la création des régions administratives pour que ce nom soit officialisé et qu’il englobe tout le bassin hydrographique du Saguenay. D’ailleurs, en 1896, Arthur Buies, dans son ouvrage historique et descriptif «de l’histoire du Saguenay et du bassin du lac Saint-Jean» nous confirme que, et je cite:
«Ce qu’on appelle la région du Saguenay et du Lac Saint-Jean n’avait pas autrefois le même nom ni les mêmes limites qu’aujourd’hui. On la désignait sous le nom général de « Domaine du Roi, » faisant partie des « Fermes Réunies de France, » et elle était concédée à une compagnie appelée la « Compagnie des Postes du Roi».
On constate donc que le nom Saguenay peut tout aussi bien s’appliquer à la
Côte-Nord qu’à l’Abitibi. Ce n’est pas pour rien qu’il y a eu un certain temps un
comté Saguenay sur la Côte-Nord.
Alors, ce nom, «Saguenay», est-il vraiment le nom représentatif pour les
habitants du territoire couvert actuellement par la ville issue des fusions de
2002? On serait tenté de dire que de poser la question c’est y répondre.
 Jetons un coup d’oeil maintenant aux habitants d’un territoire dénommé Chicoutimi:
En cette même année 1535, il désignait, pour les Amérindiens, cette zone tampon, entre la mer et l’intérieur des terres, au bout du Fjord du Saguenay, à 100 km à
l’ouest du fleuve Saint-Laurent.
– À partir de 1671, il désignait, pour les trappeurs et les missionnaires, le poste de traite et la mission catholique à la confluence des rivières Saguenay et Chicoutimi (désignée en 1671 rivière Kénogami), ainsi que l’île sur laquelle ces édifices étaient bâtis, soit l’île entourée par les rivières Saguenay, Chicoutimi, aux Sables et le lac Kénogami.
– Il désignait, en 1896, une presqu’île décrite par Arthur Buies, dans son ouvrage historique et je cite:- «Sur la rive sud du Saguenay, à partir du canton Otis et en allant vers l’ouest, setrouvent les cantons Bagot et Chicoutimi, qui sont entièrement colonisés,
populeux même, surtout le dernier qui contient le chef-lieu, en même temps le centre d’affaires de toute la région du Saguenay et la tête de navigation de la rivière. Puis, nous nous trouvons en présence de la presqu’île de Chicoutimi, formée au nord par la rivière Saguenay, à l’ouest par le lac Saint-Jean, … au sud par la Belle-Rivière, la rivière des Aulnaies, le lac Kénogamichiche et le lac Kénogami, enfin, à l’est, par la rivière Chicoutimi».
– Depuis au moins 1731, il désignait tout le haut-Saguenay, si on se fie aux cartes géographiques dessinées par le père Laure, pour devenir par la suite le comté Chicoutimi qui englobait tout le bas et le haut Saguenay en 1935. Le comté actuel de Chicoutimi est ce qui reste aujourd’hui de ce passé glorieux.
– Incidemment, en 1828, 10 ans avant que les premiers colons ne s’installent à La Baie, un représentant de la marine anglaise a déclaré en arrivant avec deux navires à Chicoutimi que, et je cite «Chicoutimi étant situé à la tête de la
navigation du Saguenay, cet endroit est destiné à devenir une ville d’un commerce considérable si l’intérieur du pays s’établit», fin de la citation. On ne peut pas être plus clair.
– Qui a pu, peut et pourra prétendre que le nom Chicoutimi n’est pas celui qui est le plus intiment lié de façon notoire, et en permanence, au territoire et à
l’histoire de l’ensemble des habitants de cette nouvelle ville du Haut-Saguenay?
Pensez-vous que la population a été bien informée à cet égard?
3. Parlons maintenant des utilisateurs.
Ce n’est pas compliqué, c’est la planète entière. Les cartes géographiques qui apparaissent dans le diaporama en témoignent. Mais soyons plus modestes, ne parlons que de la population, des institutions et des entreprises de l’ensemble du Québec qui utilisent ces toponymes, Saguenay et Chicoutimi. Un toponyme a deux objectifs : celui d’être notre mémoire collective, ce qui touche plus particulièrement les habitants du territoire et le deuxième, celui de nous situer géographiquement et qui s’adresse aux utilisateurs de l’extérieur de la région du Saguenay Lac Saint-Jean. Avons-nous tenu compte de cette dimension lors de la décision du conseil de ville de 2002? Aucunement!
Eh bien! C’est ce que se propose de faire, entre autres, en 2018, le Mouvement Chicoutimi : une consultation de la population du Québec au moyen d’un sondage sous la surveillance d’une maison de sondage professionnelle et un autre par l’entremise de notre site Web. Nous en aurons le coeur net : quel est le nom qui est le meilleur indicatif géographique pour orienter le touriste, le fonctionnaire, le commerçant ou l’industriel pour se diriger vers le Haut-Saguenay? Le libellé des questions sera celui retenu par la firme de sondage.
Suite à ce souper-spaghetti, le Mouvement aura suffisamment de fonds pour planifier ce sondage. Mais il ne doit pas s’en tenir à cette seule action et nous aurons besoin du réseau d’influence de chacun d’entre vous (anecdote étudiant) pour convaincre les nouveaux élus du conseil de ville de prendre, après plus de 15 ans, un moment de réflexion et de questionnement à propos du nom de la ville et de son impact sur son développement économique. Le Mouvement Chicoutimi ne pourra, à lui seul, y  parvenir et c’est la raison pour laquelle le Mouvement favorise une approche collective pour convaincre le conseil de ville de créer une commission de toponymie ou toute autre organisme équivalent qui fera la lumière sur la valeur toponymique des noms de chacune des anciennes municipalités fusionnées en 1976 et en 2002. Chacun de ces noms a son histoire, mérite de faire partie de notre mémoire collective et se doit d’être mis en évidence sur le territoire qu’il identifie. De plus, la commission aura à déterminer à quel nom il revient de plein droit d’être le nom de cette grande ville. Les travaux et tous les mémoires déposés à cette commission devront être publics.
Cette commission devrait être présidée par une personne autre qu’un élu municipal. Nous voulons prendre le temps nécessaire pour rallier le plus de signataires possibles avant de présenter notre demande au conseil de ville.
4. Le 4e agent toponymique : le gérant
Le quatrième agent toponymique, celui qui s’impose de plus en plus dans notre monde organisé, régulateur et normatif, c’est le gérant, l’autorité toponymique. Dans le cadre de sa mission et de son activité, le gérant agit tel un juge qui doit faire le départage des poids relatifs qu’ont ou ont eus les intervenants, soit le créateur, l’habitant et l’utilisateur, dans la consolidation d’un toponyme par rapport à d’autres. Malheureusement, la commission de toponymie du Québec n’a aucun pouvoir décisionnel et ne peut donner que son avis. C’est la raison pour laquelle tous les citoyens de Saguenay et du reste du Québec, qui considèrent que le nom de Saguenay est aberrant pour désigner cette ville, doivent eux-mêmes se prendre en main.
Enfin, je me propose de donner, en 2018, le plus de conférences possibles sur le toponyme Chicoutimi. Il y en a déjà une de confirmer pour janvier, à l’UQAC. Le GRIR, le Groupe de recherche et d’interventions régionales, m’a invité pour une conférence en janvier. La date est à préciser. Leurs conférences sont diffusées plusieurs fois, par la suite à Ma tv Saguenay-Lac-St-Jean.

Je vous remercie de votre attention et bonne soirée.Liens vers les réactions suite au discours du président.

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